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"Les insectes sont le nouveau homard" - Georges Brossard, fondateur de l'insectarium de Montréal

Passionné par les insectes dès son plus jeune âge, Georges Brossard est un Indiana Jones des temps modernes. Depuis 40 ans, il a voyagé dans plus de 100 pays, muni de son filet, pour collectionner les insectes et approvisionner les insectariums de la planète. Il est le fondateur de l'Insectarium de Montréal et donateur pour 10 autres insectariums dans le monde. Sa collection personnelle compte plus de 500,000 specimens. Il a également conçu et animé la série Insectia pour Discovery Chanel. Nous avons adoré faire cette entrevue avec Georges Brossard, qui à 76 ans détonne par son énergie, sa fougue et son humour. Parmi les sujets abordés: l'entrepreneuriat, son amour pour les insectes et son combat pour promouvoir l'alimentation à base d'insectes. Une rencontre hors du commun avec cet entomologiste engagé qui a beaucoup à apprendre aux jeunes générations. 

"Il y a des talents qui sont au fond de ton cœur, de ton âme, de ton corps, qui ne demandent pas mieux, comme une plante, de pousser."

Naak : Vous avez été notaire, chasseur d’insectes et conférencier avant de fonder l’Insectarium de Montréal. Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui veulent démarrer leur entreprise aujourd'hui?

Chaque personne est pleine de talents. La vie nous fournit une multitude d’occasions pour bien les utiliser et les développer. Si je devais donner un conseil aux jeunes entrepreneurs, ça serait de ne pas se limiter. 

Les seules limites sont celles que l’on s’impose. Je pense que nous ne sommes pas faits pour faire un seul métier. Il faut ouvrir tout grand ses horizons et ne pas croire qu’on est fait pour faire une seule chose. Il y a des talents qui sont au fond de ton cœur, de ton âme, de ton corps, qui ne demandent pas mieux, comme une plante, de pousser.

On ne tire pas sur une plante pour la faire pousser plus vite, mais on peut lui donner les ingrédients pour qu’elle se développe. Par exemple de la chaleur, de l’eau, de l’humidité. L’être humain doit réfléchir profondément.

"Après avoir été notaire, j’ai été entomologiste, muséologiste et j’ai dirigé des institutions. J’ai fondé 11 insectariums dans le monde. J’ai été écrivain, conférencier, acteur, pilote d’avion. Je change de métier tous les 10 ans (rires) !"

Qui réfléchit fait ! On ne peut pas réfléchir une demi-heure et puis dire que c’est fini. Il faut revenir sur sa réflexion et un jour, Eureka ! On trouve un débouché…

J’ai eu 9 professions consécutives et j’ai eu 9 succès. Ma réussite dans le notariat m’a permis de prendre ma retraite à 37 ans et je conseille à tout le monde de prendre une retraite anticipée.

C’est à dire de trouver une façon, pas seulement de s’enrichir, mais de réussir dans la vie pour être capable de se libérer très tôt et pouvoir profiter d’une vie extraordinaire.

Naak : Depuis 40 ans, vous menez un combat pour réconcilier les humains avec les insectes. Parlez nous de votre passion pour ces petites bêtes.

Ma passion pour les insectes est assez simple à justifier. De tous les animaux qui vivent sur Terre, les insectes sont ceux qui sont les plus haïs, craints, méprisés, méconnus.

On a honoré toutes les autres classes animales. On a bâti des zoos pour les gros mammifères, des volières pour les oiseaux, des aquariums pour les plantes, des jardins botaniques pour les plantes.

Pour les insectes, absolument rien. Comme si les insectes étaient quantité négligeable. J’ai voulu rendre hommage à cette classe animale qui est extraordinaire et prédominante sur Terre !

Que vous le vouliez ou non, 95% des êtres vivants sur Terre sont des insectes. On en connaît 2 millions d’espèces et il y en a des millions à découvrir.

Georges Brossard pendant une chasse aux insectesGeorges Brossard à la chasse aux insectes. (Crédit photo: Jonathan Wenk)

Naak : Comment votre passion pour les insectes a t-elle commencé ?

Je viens d’une famille de cultivateurs et nous avions des vaches qui étaient dans le pâturage. Un soir, avec mon père, nous sommes allés à notre vieille cuve pour pomper de l’eau afin de donner à boire à nos vaches. Au fond de la cuve, 4 abeilles étaient dans l’eau en train de se noyer.

"Les insectes les plus délicieux que j’ai mangés sont certainement les criquets et les sauterelles."

Mon père a mis son doigt dans la cuve, les abeilles sont montées sur son doigt et ne l’ont pas piqué. Alors il m’a dit : « Elles sont reconnaissantes, elle ne me piquent pas car je viens de leur donner la vie. Mets ton doigt…» J’avais 7-8 ans… Imaginez-vous !

Alors j’ai mis mon doigt, les abeilles sont montées sur mon doigt et ne m’ont pas piqué. Cette journée là, Papa a semé dans mon cœur la graine d’entomologiste que je suis.

Naak : Vous possédez une collection impressionnante de milliers d’insectes et d’arachnides, que vous avez chassés vous même dans plus de 100 pays. Quelle est la capture dont vous êtes le plus fier ?

C’est dur à dire. En 40 ans, j’ai ramassé plus de 500,000 spécimens d’insectes. La capture dont je suis le plus fier est le fameux scarabée d'or dont parle Edgar Allan Poe dans son livre qui porte le même nom. C’est un merveilleux scarabée qui a la couleur de l’or. Il vit en Amérique centrale (Costa Rica, Panama). Après plusieurs voyages où je suis revenu bredouille, j’ai enfin réussi à le capturer.

Naak : Quel est l’insecte le plus délicieux que vous ayez mangé ?

Les insectes les plus délicieux que j’ai mangés sont certainement les grillons et les sauterelles. C’est délicieux.

Je vous fais remarquer que l’on mange des insectes, mais les fruits de mers sont les cousins des insectes (les homards, les crevettes, les écrevisses). 

Il y a 2500 espèces d’insectes à date que l’on connaît qui sont comestibles. Rendons hommage aux insectes en leur donnant la même chance qu’aux fruits de mer.

Barres Naak aux grillonsBarre énergétique à la poudre de grillons, par Naak.

Naak : Les Nations Unies encouragent la consommation d'insectes pour lutter contre la faim dans le monde car ils sont riches en protéines et car leur consommation est respectueuse de l’environnement. 

"En Afrique, on produit actuellement 1 tonne de mouches par jour pour la consommation humaine ou animale."

Il y a 200 millions d’enfants qui ne vont pas à l’école un matin car ils ont trop faim. Sur les 6 milliards d’êtres humains, il y en a 2 milliards qui ne mangent pas à leur faim aujourd’hui. Mon rêve ultime est de nourrir l’humanité au complet avec des insectes et de développer l’entomophagie partout dans le monde.

En Afrique, on produit actuellement 1 tonne de mouches par jour pour la consommation humaine ou animale. Nous nourrissons nos porcs, nos veaux, nos vaches, nos poulets et nos poissons avec des insectes. Au Québec, nous avons l’un des meilleurs poissons d’eau douce au monde, le dorée, mais nous ne sommes pas capables de les élever.

Paradoxalement, on achète nos dorés dans d’autres pays... Or le dorée se nourrit principalement d’insectes. J’aimerais aider les gens qui veulent développer l’entomophagie. J’ai une passion insectueuse. Plus je vieillis, plus je travaille. J’ai 76 ans et puis je n’ai pas du tout le goût d’arrêter. J’ai des chasses à faire, il faut que j’aille dans des pays où je n’ai pas encore été. J’aimerais découvrir de nouveaux insectes et j’aimerais fonder de nouveaux insectariums.

Naak : Pensez-vous qu’il faut prendre plus d’initiatives pour intégrer l’alimentation à base d’insectes chez les jeunes?

Oui et non car le dédain est difficile à passer si tu n’as pas une personne capable d’enlever ce dédain là. Souvent la personne qui enseigne est plus dédaigneuse que l’enfant. Les enfants ne sont pas plus dédaigneux. A l’insectarium, nous faisions des dégustations d’insecte.

Il y avait énormément d’enfants qui étaient heureux de goûter alors que les parents étaient récalcitrants. Travaillons les parents. Les personnes qui réussiront à vendre des produits à base d’insecte seront d’excellents commerçants.

L'insectarium de MontréalL'insectarium de Montréal.

Naak : Aujourd’hui, 2 milliards d’individus dans le monde mangent des insectes principalement en Asie, Afrique et Amérique Latine. Comment convaincre les occidentaux d’en consommer?

C’est assez simple, en leur en faisant manger. C’est à tous ces bons cuisiniers et restaurateurs d’inclure petit à petit des mets à base d’insecte. Par exemple, il y a 51 restaurants à Mexico qui servent d’excellents insectes assaisonnés. Ils sont très connus et fréquentés et il faut réserver longtemps à l’avance.

"A Singapour, des repas à base d’insectes sont vendus $100 dans des restaurants gastronomiques. J’y suis allé, je les ai goûtés et je trouve ça délicieux."

Il y a 100 ans, les homards au Québec étaient donnés au porc. Avec le temps, des gens se sont mis à manger du homard et les vendaient à bon prix. Aujourd’hui, les homards sont rendus des mets de très grande qualité. Les insectes sont le nouveau homard.

Il va y avoir une éducation populaire et il va y avoir une nécessité. On va être 10 milliards dans quelques années et la terre ne pourra suffire car les déserts s’agrandissent à un rythme effarant, occupant les terres qui auparavant étaient cultivables. Les rivières se vident de poissons à un rythme effréné.

Les terres agricoles disparaissent, parce que les villes prennent de plus en plus de place. Qu’on le veuille ou non, on s’en va tout droit vers un mur. Avec le temps, les gens vont réaliser l’ampleur du désastre écologique. Je ne damne pas les gens. On est toujours en retard par rapport aux nécessités vitales, jusqu’à ce qu’à cela devienne un cas de disette. Et là l’homme, bizarrement, est capable d’une très grande imagination et d’une très grande créativité pour trouver des solutions.

Naak : Qu’avez vous appris du monde des insectes que vous aimeriez transmettre aux plus jeunes générations?

J’ai beaucoup appris en regardant dehors, la nature et les animaux. Les animaux ont des comportements absolument incroyables. Par exemple une maman tarentule pond une cinquantaine de bébés par année et elle en prend soin. Elle les renferme la nuit dans un tube, qu’on appelle une oothèque. Tous ses petits sont renfermés dans la soie, et elle se couche sur ses petits. Mal venu le prédateur qui ose s’approcher de la maman tarentule.

"Les insectes sont très intelligents. Ils ont un instinct de survie et de protection incroyable. Les insectes ont 400 millions d’années alors que nous autres, humains, sommes apparus sur Terre il y a 200 millions d’années."

Georges Brossard avec un insecte "J'ai une vie extraordinaire" - Georges Brossard. (Crédit photo: Le Journal de Montréal)

Que pensez-vous des insectes par rapport au régime végétarien. Est-ce que les insectes peuvent être inclus dans un régime végétarien?

Oui certainement. Il y a seulement 15% de protéines dans un steak tandis qu’il y en a 65% dans un insecte. On ne parle pas de la même classe du tout. L’insecte a beaucoup à apporter dans le secteur de la santé et de l’alimentation. Pas besoin d’être un avant-gardiste pour manger des insectes. L’heure est venue de réfléchir.

Personnellement, je ne prends pas les insectes que je mange dans la nature. J’élève moi-même mes propres insectes. J’élève des ténébrions (les insectes de la farine), c’est délicieux. C’est très facile à élever car le ténébrion pond 800 œufs à tous les 10 jours. 

Naak : Quel processus utilisez-vous pour élever des insectes? 

Chaque insecte a son alimentation. Un grillon a besoin de plantes et de feuilles alors qu’un ténébrion a juste besoin de farine pour se nourrir.

Naak : Est-ce que les insectes ressentent la douleur?

"Les insectes ne ressentent pas la douleur car ils n’ont pas de cerveau."

Pas du tout. Ca fait longtemps que ca a été étudié et les insectes ne ressentent pas la douleur car ils n’ont pas de cerveau. Nous sommes beaucoup plus cruels avec la façon dont nous élevons le bétail. 

Naak : Qu’auriez vous à conseiller aux personnes qui n’y ont jamais goûté?

De les essayer. Combien de fois par exemple a t-on fallu initier quelqu’un aux fruits de mer ? Beaucoup de personnes ne voulaient pas en consommer. Les insectes écoeurent encore beaucoup de monde. C’est à l’homme d’être ingénieux et de développer des recettes délicieuses et attirantes.

Les meilleurs cuisiniers du monde ont l’expérience pour utiliser les ingrédients qui à prime abord sont ordinaires. Prenez l’exemple d’une salade, c’est ce qu’il y a plus d’ordinaire. Du moment où vous l’assaisonnez, que vous lui mettez des condiments et des huiles, ça devient un délice.

Crevette vivante couverte avec des fourmis de la forêt de Nagano, au restaurant gastronomique du Noma Tokyo
Crevette vivante couverte avec des fourmis de la forêt de Nagano, au restaurant gastronomique du Noma Tokyo. (Crédit photo: Satoshi Nagare)

C’est la même chose pour les insectes. Ils sont faciles à produire. Aujourd’hui il existe des manufactures énormes d’insectes qui produisent 1 tonne d’insectes par jour, en Australie, en Asie et en Afrique. Il faut voyager pour le savoir. La Chine et le Vietnam en consomment car ils sont plus vieux que nous autres et ont vécu la surpopulation.

Regardez la surpopulation en Chine. Ca les oblige à manger des insectes. Les Thailandais ont une culture absolument incroyable pour l’entomophagie. Ils en mangent en quantité industrielle. J’ai vu des arabes acheter 10kg de criquets et sauterelles cuits pour les rapporter pour leur famille. Il ne faut pas copier mais il faut s’inspirer de ces pays.

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Les insectes sont le futur de l'alimentation. Avec 10g de protéines, 30g de glucides et 400mg de sodium dans une barre de 65g, la barre Naak faite à base de poudre de grillons fournit tous les apports nécessaires avant, pendant et après l'activité physique. Tu n'as pas encore essayé ? Commande la barre Naak en ligne en cliquant ici.

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